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Tout savoir sur les infections respiratoires à coronavirus

Publiée le 06/03/2020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un virus, le Covid-19 (anciennement appelé 2019-nCoV), est apparu en Chine, fin décembre 2019. Il appartient à une grande famille de virus, les coronavirus. Très fréquents, ils peuvent aussi bien provoquer un simple rhume qu’une grave infection respiratoire de type pneumonie, à l’origine d’épidémies mortelles comme ce fut le cas avec le Sras ou le Mers et maintenant avec le Covid-19. Ce qu’il faut retenir.

Qu'est-ce qu'un coronavirus ?

Les coronavirus, qui doivent leur nom à la forme de couronne qu’ont les protéines qui les enrobent, font partie d’une vaste famille de virus dont certains infectent différents animaux, d'autres l'homme. Ils sont susceptibles d’être à l’origine d’un large éventail de maladies. Chez l’homme, ces maladies vont du rhume banal à une infection pulmonaire sévère, responsable d’une détresse respiratoire aiguë.

Les coronavirus à l’origine d’épidémies mortelles

Sur le sujet, l'Inserm rappelle que deux épidémies mortelles sont déjà survenues au 21e siècle, impliquant des coronavirus émergents, hébergés par des animaux et soudain transmis à l’homme :

 

 le SRAS-CoV (2002-2003), ou coronavirus à l’origine d’un syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), apparu en Chine : plus de 8 000 cas ont été recensés dans 30 pays et 774 personnes sont décédées (soit près de 10% de mortalité).

  • le MERS-CoV (2012-2013), ou coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient, ainsi appelé car il a été détecté pour la première fois en Arabie saoudite. 1 589 cas et 567 décès dans 26 pays ont été enregistrées (soit un taux de mortalité d’environ 30%).

La troisième épidémie mortelle est celle liée au coronavirus Covid-19 (anciennement appelé 2019-nCoV), apparu en Chine en décembre 2019.  Les premiers cas recensés sont des personnes s’étant rendues sur un marché local, à Wuhan, dans le province de Hubei.

Comment se transmettent les coronavirus émergents ?

Les coronavirus sont d’origine animale : une espèce ("réservoir") héberge un virus sans être malade et le transmet à une autre espèce, qui le transmet ensuite à l'homme. Dans les cas du SRAS-CoV et du MERS-CoV, l'animal réservoir était la chauve-souris. Comme l’explique l’Inserm, « le virus est asymptomatique chez cet animal. Un hôte intermédiaire est donc nécessaire à la transmission de ces virus à l’homme : la civette palmiste masquée pour le SRAS-CoV, vendue sur les marchés et consommé au sud de la Chine, et le dromadaire pour le MERS-CoV. »

En ce qui concerne le Covid-19, le réservoir pourrait également être la chauve-souris. Vendredi 7 février, une équipe de chercheurs chinois de l'université d’agriculture du sud de la Chine a estimé que le chaînon manquant pourrait être le pangolin, un petit mammifère à écailles, en voie d'extinction. Mais la prudence est de mise, en attendant une confirmation définitive.

Le virus passerait chez l’homme via les sécrétions animales, dans des conditions particulières qui restent à identifier.

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 Une transmission interhumaine

Les coronavirus SRAS-CoV et le MERS-CoV se transmettent non seulement de l’animal à l’homme mais aussi d’homme à homme. La transmission interhumaine est également avérée pour le Covid-19. La maladie se transmet par les postillons (gouttelettes de salive) projetés en toussant ou en éternuant. Il faut donc des contacts étroits et prolongés pour la transmettre (famille, même chambre d’hôpital ou d’internat) ou avoir eu un contact à moins de 1 mètre du malade, en l’absence de mesures de protection efficaces.

Les mesures dites "barrières" sont indispensables pour limiter l'impact du virus : se laver fréquemment les mains ou utilisez du gel hydro-alcooliqueéternuer ou tousser dans son coude, éviter de se toucher le visage (le nez, les yeux ou la bouche sont des portes d'entrées possibles du virus) et utiliser des mouchoirs à usage unique. L'Inserm insiste sur le fait que les objets (comme les lettres et les cartons) ne permettent pas au virus de survivre pendant un laps de temps suffisant. 

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Quels sont les symptômes du Covid-19 ?

Les symptômes les plus courants du virus sont la fièvre, la fatigue ou une toux sèche. Certaines personnes peuvent également souffrir de courbatures, de maux de tête, d’une sensation d'oppression ou d’essoufflement. Ces symptômes évoquent une infection respiratoire aiguë ou des anomalies pulmonaires détectables radiologiquement. Dans les cas plus graves, l'infection peut provoquer "une détresse respiratoire, une insuffisance rénale aiguë, voire une défaillance multiviscérale pouvant entraîner la mort", indique le ministère de la Santé.

Dans la mesure où certains symptômes peuvent faire penser à ceux d'une grippe, la seule manière de confirmer le diagnostic est d'effectuer un test de dépistage biologique sur recommandation d'un infectiologue.

Pour rappel : la maladie reste bénigne dans 80 % des cas et les chercheurs estiment le taux global de mortalité du virus à environ 3,2%. Certains patients présentent également une forme asymptomatique du virus : ils sont porteurs du virus, mais ne présentent pas de symptômes. 

Existe-t-il un vaccin contre le Covid-19 ?

Les vaccins contre la pneumonie , comme le vaccin antipneumococcique et le vaccin contre Haemophilus influenza type B (Hib), ne protègent malheureusement pas contre le coronavirus. Le Covid-19 est tellement nouveau et spécifique qu'il faut élaborer un vaccin qui lui est propre. Les chercheurs travaillent toujours à sa mise au point. Selon l'Institut Pasteur, le vaccin, si on le trouve, ne serait pas disponible avant l'automne 2021.

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Y a-t-il des personnes à risque de développer une forme plus sévère de la maladie ?

Les informations disponibles suggèrent que le virus peut causer des symptômes similaires à ceux d’une grippe modérée, mais aussi des symptômes plus graves. La maladie peut notamment progresser dans le temps chez un patient. Comme pour beaucoup de maladies infectieuses, les personnes présentant des maladies chroniques pré-existantes (hypertension, maladies cardiovasculaires, diabète, maladies hépatiques, maladies respiratoires...) semblent plus susceptibles de développer des formes sévères, de même que les personnes âgées et immunodéprimées.

Selon une récente étude, la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) serait l'un des principaux facteurs de risque face au nouveau coronavirus. Il semblerait également que les enfants de moins de quinze ans soient peu susceptibles de déclencher une forme sévère de coronavirus. Ces hypothèses ont été confirmées des chercheurs chinois dans une étude parue ce 24 février dans la revue Jama. Les hommes pourraient également être plus impactés par le virus.

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Comment traiter une infection au nouveau coronavirus ?

Le traitement est dit symptomatique (il vise à soulager les symptômes) : médicaments contre la fièvre (antipyrétiques)… Dans les formes sévères, les personnes malades peuvent recevoir des antibiotiques lorsqu'une co-infection bactérienne est présente, être mises sous assistance respiratoire…

Des médicaments ayant fait leurs preuves dans le traitement d'autres maladies, notamment virales, sont actuellement testées contre le coronavirus. La piste d'un traitement à base de chloroquine, utilisée contre le paludisme, a été avancée le 25 février par le Pr Didier Raoult, directeur de l’Institut Méditerranée Infection à Marseille. Ce dernier s'appuie sur les travaux de trois chercheurs chinois publiés dans la revue BioScience Trends et menés sur des cellules cultivées in vitro. Des tests et essais cliniques impliquant des patients infectés doivent encore être effectués. 

Quant au développement d'un médicament antiviral spécifique au Covid-19, les recherches sont en cours, mais il faudrait au moins une année pour créer un nouveau médicament.

Combien de personnes sont touchées par le Covid-19 ?

Selon les estimations du 6 mars, près de 98 700 cas ont été recensés, 55 450 personnes sont guéries et 3 380 personnes sont décédées, essentiellement en Chine. Au total, 83 pays répartis sur cinq continents sont désormais impactés par l’épidémie. Les pays les plus touchés sont l'Italie, l'Iran et la Corée du Sud. 

A noter qu'une accélération de l’épidémie est enregistrée hors de Chine. " Se croire à l’abri de la maladie serait une erreur fatale", a insisté Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé. 

Pour suivre l'évolution en temps réel de l'épidémie : consulter cette carte interactive.

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Qu'en est-il de la France ?

Vendredi 6 mars, la France recense 423 personnes diagnostiquées positives au nouveau coronavirus Covid-19. 23 personnes sont hospitalisées en réanimation dans un état grave. Quinze régions sont touchées, dont 13 régions de métropole, ainsi que la Guadeloupe et la Guyane en outre-mer. Depuis que les premiers cas ont été détectés sur le territoire, sept patients sont décédés : six hommes et une femme. "La plupart de ces individus avaient plus de 80 ans et étaient atteints de co-morbidité", a indiqué le ministère de la Santé. 

Six regroupement de cas (cluster) sont recensés sur le territoire : 

 dans l’Oise (en particulier dans les communes de Creil, Crépy-en-Valois, Vaumoise, Lamorlaye et Lagny le Sec), 

  • en Haute-Savoie (commune de La Balme), 
  • dans le Morbihan (communes d’Auray, Crac’h et Carnac),
  • dans le Grand-Est (commune de Mulhouse), 
  • dans le Haut-Rhin, et 
  • dans le Bas-Rhin

Une épidémie au stade 2

Le gouvernement a décrété le passage au stade 2 de l'épidémie, ce qui signifie que  le virus circule au sein de plusieurs regroupements de cas en région. L'objectif désormais est de "freiner la propagation du virus sur le territoire et d’empêcher ou, tout du moins, de retarder aussi longtemps que possible le passage au stade 3", indique le ministère de la Santé. 

Dans ce contexte, de nouvelles mesures ont été prises par le gouvernement. Les personnes revenant d'une zone à risque ne sont plus soumises à une période de quatorzaine, mais à des mesures de "réduction sociale". La quatorzaine est toutefois maintenue pour les cas "contacts à haut risque." Dans l'Oise, l'ensemble des rassemblements est interdit "jusqu'à nouvel ordre". Les établissements scolaires des 8 communes les plus touchées sont également fermées à compter du lundi 2 mars et jusqu'au 14 mars. Par ailleurs, tous les événements de plus de 5000 personnes sont interdits (c'est le cas, par exemple du salon du livre de Paris). 

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Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères déconseille les voyages ou déplacements non nécessaires vers les pays à risque hors UE et les zones à risque. Un accueil spécifique des voyageurs est mis en place aux aéroports de Paris-Charles de Gaulle et Saint Denis de La Réunion pour les vols en provenance de Chine, Hong Kong, Macao, Singapour et Corée du Sud. Les passagers en provenance de Chine reçoivent des masques chirurgicaux (sur prescription médicale) et des documents pour leur indiquer la conduite à tenir pendant les 14 jours suivant leur retour.

 En cas de contacts susceptibles de donner lieu à une transmission du virus, et pour toute personne de retour de Chine (Chine continentale, Hong-Kong, Macao) ou d'une zone où circule activement le virus (Singapour, Corée du Sud, Iran, régions d'Emilie-Romagne, de Lombardie et de Vénétie en Italie), des règles strictes doivent être respectées : 
  • Assurer un suivi durant 14 jours ;
  • Prendre sa température 2 fois par jour, tous les jours ;
  • Se laver les mains régulièrement ou utiliser une solution hydro-alcoolique 
  • Réduire les activités non indispensables et la fréquentation de lieux où se trouvent des personnes fragiles ;
  • Surveiller l'apparition de signes d'infection respiratoire (fièvre, toux, difficultés respiratoires).

En présence de signes suspects :

  • Contacter le Samu Centre 15 en présence de fièvre, de toux, de difficultés à respirer, en faisant état des symptômes et du séjour récent en Chine ou autre zone à risque. Porter un masque chirurgical en présence de son entourage et en dehors du domicile.
  • Porter un masque en présence de son entourage (sur prescription médicale).
  • Ne pas se rendre chez son médecin traitant ou aux urgences, pour éviter toute potentielle contamination.

Quelle est la procédure de prise en charge pour les cas suspects en France ?

Depuis le passage au stade 2 de l'épidémie, la France a renforcé son dispositif de prise en charge. 150 établissements de santé sont préparés à prendre en charge des cas confirmés de coronavirus Covid-19 .

Face à un cas suspect signalé au 15, le Samu se met en lien avec l’infectiologue le plus proche et à l’issue d’un questionnaire, le cas est classé en possible ou exclu. Si l'infection à coronavirus est exclue, le cas est pris en charge par son médecin traitant. Si l'infection est avérée, la prise en charge des patients est amenée à évoluer. Les patients “sans gravité” (80% des malades) resteraient confinés chez eux et seraient suivis par leur médecin généraliste. Les patients "à risque" seraient, eux, pris en charge à l'hôpital. “Ce dispositif visera à ne pas saturer les capacités d'hospitalisation des établissements de santé ”, indique le guide méthodologique ministériel à destination des professionnels de santé.

 Une page d'information officielle mise en place par le gouvernement est alimentée quotidiennement ➡️ www.gouvernement.fr/info-coronavirus

Un numéro vert est également ouvert 24 heures sur 24, sept jours sur sept pour répondre aux questions non médicales concernant ce virus 0 800 130 000. 

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